Un groupe d’officiers de l’armée irlandaise de la Monusco a été retiré de la République démocratique du Congo (RDC) dans le cadre d’une opération secrète de l’Air Corps dans un contexte d’agitation croissante et d’attaques contre les soldats de la paix en RDC .
La mission de retrait irlandais a été lancée, après une planification approfondie, mardi lorsque l’un des avions PC-12 récemment acquis par l’Air Corps est parti de l’aérodrome de Casement à Dublin avec un équipage de cinq personnes. Il a fait des escales de ravitaillement dans les Abruzzes en Italie, au Caire en Égypte, à Khartoum au Soudan et une escale d’une nuit à Entebbe, en Ouganda, avant de voler pour la RDC pour récupérer les officiers.
Les trois officiers en service auprès de la Monusco des Nations- Unies ont été retirés vendredi dernier vers l’après-midi à la suite à cette opération qui a vu un avion PC-12 parcourir 7 000 km et atterrir en RDC.
Les soldats devaient retourner en Irlande dans les semaines à venir dans le cadre d’une rotation standard des troupes.L’Irlande ne prévoit pas de les remplacer dans un futur proche. Ils ont tenu des rôles d’observateurs et n’ont pas été impliqués dans le maintien de la paix de première ligne. La participation irlandaise à la Monusco, qui implique quelque 18 000 casques bleus, a été mise en examen par le ministre de la Défense Irelandais Simon Coveney vu que les tensions entre la mission de l’ONU et le gouvernement de la RDC se sont accrues ces dernières semaines.
Trente-six personnes, dont quatre casques bleus, ont été tuées fin juillet et des bâtiments de l’ONU ont été incendiés lors d’émeutes dans plusieurs villes de l’est du pays. Une grande partie de la violence était concentrée autour de la ville de Goma, où le contingent irlandais était basé.
La mission de l’ONU est largement critiquée en RDC pour ne pas avoir protégé les civils contre les groupes armés actifs dans l’Est, y compris le groupe M23. L’ONU avait l’intention de mettre fin à la mission en 2024, mais il est entendu que cela pourrait être accéléré à la lumière des événements récents.
Le ministère des Affaires étrangères de la RDC a exigé à la fin du mois dernier l’expulsion du porte-parole de la Monusco, qu’il accuse d’avoir tenu des propos « peu susceptibles de favoriser un climat de confiance mutuelle et de sérénité ».
L’effet « domino malien »
Les responsables du ministère de la défense irlandais vont « réfléchir » sur la future participation de l’Irlande à la mission contestée de maintien de la paix de l’ONU en République démocratique du Congo, après le retrait des officiers irlandais de la RDC la semaine dernière.
Un porte-parole du ministère de la Défense irlandais a déclaré lundi qu’aucune décision sur la future participation des Forces de défense Irlandais à la mission n’avait été prise.
L’ONU devrait mettre fin à la Monusco en 2024, mais il est entendu que cela pourrait se produire plus tôt en raison des tensions croissantes entre les soldats de la paix et le gouvernement de la RDC.
Le retrait potentiel de l’Irlande de la mission en RDC laisse entrevoir la perspective que l’Irlande n’ait plus de casques bleus stationnés en Afrique pour la première fois depuis de nombreuses années.
L’année dernière, les Forces de défense de l ‘Irlande ont mis fin à leur implication dans la mission d’observation de la Minurso au Sahara occidental alors que les déploiements actuels au Mali sont mis en doute.
Les défis logistiques et de sécurité, combinés aux préoccupations concernant les violations des droits de l’homme qui auraient été commises par les forces armées maliennes, suscitent de vives inquiétudes quant à la future participation irlandaise à la mission de formation militaire de l’UE dans le pays. Le ministère de la Défense a déclaré que l’Irlande continuerait à participer « au moins pour le moment ».
Pendant ce temps, la participation de l’Army Ranger Wing à la Minusma (la mission de stabilisation intégrée multidimensionnelle de l’ONU au Mali), qui doit prendre fin le mois prochain, pourrait se terminer encore plus tôt en raison du retrait de l’armée allemande la semaine dernière. L’ARW s’appuyait largement sur les véhicules allemands pour le transport.
« Nous comprenons que l’Allemagne a suspendu toutes les opérations de reconnaissance et de transport au Mali après que les autorités maliennes ont refusé l’accès à son espace aérien », a déclaré le porte-parole du département.
« Le ministère de la Défense et les Forces de défense de l’Irlande continuent de suivre de près la situation au Mali. »
Conor Gallagher pour Irish Times via Coco Kabwika