Les retombées de la visite de Blinken : JM Kabund sort de Makala et F. Beya attendu à Paris pour des soins à l’Hôpital américain

Jean Marc Kabund et François Beya

Selon plusieurs observateurs, la visite du secrétaire d’État américain Antony Blinken dans les 3 pays africains, avait aussi une autre connotation. Celle de la libération des prisonniers politiques. Au Rwanda, le secrétaire d’État américain a plaidé pour le cas de Paul Rusesabagina, héro de l’hôtel Rwanda, condamné à 25 ans de prison.

En RDC,  Blinken a plaidé pour deux cas qui ont marqué « le recul des droits de l’homme du gouvernement Tshisekedi à la veille des élections de 2023 » .

Quelques heures après l’arrivée du secrétaire d’État américain Antony J. Blinken en République démocratique du Congo,  la justice congolaise a annoncé l’arrestation de Jean-Marc Kabund, une figure  de l’opposition.

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken  s’est dit  « préoccupé » sur cette arrestation et a  soulevé la question auprès du gouvernement congolais Sama Lukonde et du président congolais Félix Tshisekedi. Quelques jours après le départ du secrétaire d’État américain Antony Blinken, l’opposant Jean-Marc Kabund est sorti de la prison centrale de Makala.

En plus de Jean-Marc Kabund, Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken

lors de sa visite à Kinshasa le 9 août , a aussi abordé le dossier François Beya, le Fantômas Congolais .

François Beya Kasonga a servi sous les anciens présidents Mobutu Sese Seko, Kabila père et fils puis Tshisekedi. Il était accusé, avec quatre autres policiers et militaires, de complot contre le chef de l’Etat.

Mike Hammer, l’ancien ambassadeur américain avait soupçonné l’arrestation de François Beya comme etant « un dossier monté de toutes pièces » , sur fond de rumeurs autour d’une guerre de palais impliquant le conseiller privé du président, Fortunat Biselele, alias « Bifort ».

L’influent Mike Hammer, n’avait pas hésité ces dernières semaines à s’opposer violemment à Jean-Hervé Mbelu Biosha, le nouveau patron de l’Agence nationale de renseignement (ANR) selon Africa Intelligence. La mise aux arrêts de Beya a en effet considérablement freiné les coopérations en matière sécuritaires, diplomatiques et de renseignement. Les services congolais se sont retrouvés dysfonctionnels  et les maîtres-espions de la région privés d’interlocuteurs fiables.

Mardi 16 août, la Haute cour militaire a accordé pour « des raisons de santé » la liberté provisoire à François Beya Kasonga, l’ancien conseiller spécial chargé de la sécurité du président Félix Tshisekedi. Un jet privé médicalisé est réservé pour jeudi en vue de le transporter le jour même dans la capitale française. Son admission à l’Hôpital américain de Paris, établissement privé situé à Neuilly-sur-Seine, est prévue pour le 22 août.

 

Notons qu’en plus des Etats-Unis, plusieurs partenaires de la RDC ont également fait état du vide laissé par l’arrestation de Beya. De Kigali à Brazzaville en passant par Kampala, Lomé et Pretoria, de nombreux chefs d’Etat africains ont dépêché des émissaires auprès de Tshisekedi pour obtenir sa libération. L’ancien maître-espion congolais est attendu dans la capitale française en fin de semaine.

Coco Kabwika via Africa Intelligence et Ighei

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