RDC : Comment le Pentagone et Michael E. Langley, nouveau commandant de l’AFRICOM    vont-ils contrecarrer le groupe Wagner russe et les chinois ?

mercenaires russes

En pleine crise en Ukraine et au Taiwan, Biden, le président Américain veut accélérer sa stratégie de contenir la poussée russe et chinoise en Afrique. Une fois de plus comme pendant la guerre froide, la RDC est au centre de la stratégie de containment de la poussée du groupe Wagner et les visées chinoises.

Les hauts responsables américains, Antony Blinken et Linda Thomas-Greenfield, entament une tournée en Afrique pour renforcer les liens, contrer la Russie et la Chine et faire face à la crise alimentaire mondiale.

Blinken sera  en Afrique du Sud du 7 au 9 août, en République démocratique du Congo du 9 au 10 août et au Rwanda du 10 au 12 août. Ce sera son deuxième voyage officiel en Afrique depuis qu’il a prêté serment l’année dernière.

La secrétaire d’État adjointe aux affaires africaines des États-Unis, Mary Catherine Phee, a expliqué en détail pourquoi le secrétaire d’État Antony J. Blinken se rend en Afrique du Sud, en République démocratique du Congo et au Rwanda du 7 au 12 août, affirmant que les trois pays  sont des acteurs – pivots importants sur le continent africain et à travers le monde pour contrer la Chine et la Russie.

Cette tournée de la task force Biden en Afrique coïncide avec le changement à la tête du commandement de l’AFRICOM. Le lieutenant-général du Corps des Marines Michael E. Langley commencera à diriger les forces américaines en Afrique à partir de cette semaine. Il remplace le général d’armée Stephen Townsend qui dirigeait le Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) depuis 2019.

Le lieutenant-général du Corps des Marines Michael E. Langley a pour mission de contrecarrer l’expansion du groupe militaire Wagner russe et la Chine dans toute l’Afrique et précisément en RDC.

Cette crainte du pentagone est d’autant plus prégnante que la RDC est depuis plusieurs années dans le viseur du groupe cofondé par Dmitri Utkine – un ancien officier du GRU – comme l’atteste une liste interne de pays-cibles datant de 2017.

Les ambitions de Viktor Tokmakov, numéro 2 de l’ambassade de la fédération de Russie à Kinshasa

Les diplomates occidentaux en poste à Kinshasa ont également noté avec appréhension l’arrivée courant 2021 de Viktor Tokmakov comme numéro 2 de l’ambassade de la fédération de Russie à Kinshasa. Ce dernier avait auparavant fait fonction de premier conseiller de l’ambassade à Bangui, où il entretenait des liens étroits avec Valery Zakharov, l’ancien conseiller chargé des questions de sécurité du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra. Tous deux sont réputés être les artisans de l’implantation de la nébuleuse Wagner dans le pays.Au regard de la doctrine diplomatique de Félix Tshisekedi du « le Congo est ouvert, mais pas offert », et des déceptions à l’égard des partenaires occidentaux en matière sécuritaire et économique, Les propositions russes « d’accompagnement » du gouvernement congolais pour vaincre le M23, inquiète les Etats-Unis.  La Russie constitue une option évidente pour l’opinion publique congolaise anti rwandaise et putinophile.

Monusco – Minusma: Le Pentagone craint la contagion malienne en RDC

Échaudé par la tournure des événements en Centrafrique et au Mali, le gouvernement américain redoute un rapprochement de la RDC avec la Russie.

Les temps sont durs et  sombres pour la mission onusienne en RDC. Le Pentagone craint la contagion malienne en RDC. En tout cas, Monusco ou Minusma, les forces onusiennes n’ont plus la côte à Bamako et à Kinshasa.

Au Mali, où la junte militaire venue aux affaires après son coup d’État d’août 2020 s’accroche au pouvoir et file le parfait amour avec les éléments de la société de sécurité privée russe Wagner, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) vit les pires moments de sa vie.

Les forces françaises Barkhane et la force européenne Takuba sont chassées par la junte au pouvoir et remplacées par les contractors russes.

En RDC, le planning de retrait progressif de la Monusco de la RDC à l’horizon 2024 est déjà sur la table, et le pouvoir de Félix Tshisekedi  en a même demandé la réévaluation.

Sauf que les Congolais, pour qui la Monusco n’est pas en mesure de les protéger contre les agressions extérieures, notamment celles du M23, veulent précipiter ce départ. Les bavures se multiplient. La population congolaise fait « l’intifada » contre la Monusco alors que les Casques bleus n’hésitent pas à ouvrir le feu contre les civils. Des pancartes à l’effigie du président russe Vladimir Poutine ont fait leur apparition lors de manifestations récentes contre l’appui supposé du Rwanda à la rébellion armée du M23. En février dernier, en soutien à la guerre russe en Ukraine, un convoi de plusieurs véhicules a défilé dans Kinshasa en arborant des drapeaux.

Installation du bureau – AFRICOM en Zambie pour contrôler la sortie des minerais stratégiques du Congo

Le  Commandement américain pour l’Afrique a ouvert un bureau de coopération en matière de sécurité à l’ambassade des États-Unis en Zambie. Le général Peter Bailey, directeur adjoint de la stratégie, de l’engagement et des programmes, a fait cette annonce en Zambie lors d’une réunion avec Son Excellence le président Hakainde Hichilema. L’objectif de ce bureau du commandement américain en Zambie est de contrôler la sortie des minerais stratégiques de la RDC en direction des ports sud-africains ou d’autres ports africains comme le Mozambique ou encore l’Angola. Selon plusieurs observateurs, le président zambien Hichilema a dû accepter la proposition de l’AFRICOM après avoir été persuadé par la Fondation Brenthurst.L’influence du patron de la fondation sud-africaine Brenthurst, Greg Mills, se fait de plus en plus sentir auprès du chef de l’Etat zambien, Hakainde Hichilema. De l’ouverture d’un bureau Africom à l’investissement massif de First Quantum Minerals dans ce pays,la fondation sud-africaine Brenthurst de Greg Mills aide la Zambie et son nouveau président à s’affranchir de la tutelle chinoise établie par l’ancien président zambien Edgar Lungu.

La East African Force en RDC et le « changement tactique » des diplomates américains dans des coins stratégiques de la région

Le Président Américain, Joe Biden a nommé Eric W.Kneedler comme ambassadeur des Etats Unis au Rwanda en remplacement de Peter Vrooman muté au Mozambique.

Depuis le départ de l’ambassadeur, il y a une chargée d’affaires qui assume l’intérim en la personne de Deb MacLean.Le nouvel ambassadeur nommé est un diplomate de carrière qui était en poste à Nairobi. Il y avait commencé comme conseiller politique en 2017 avant d’en devenir chargé d’affaires.C’est donc un connaisseur de la région.

Peter Vrooman, le nouvel ambassadeur américain à Maputo a des liens forts avec Kagame.

Eric W.Kneedler, le nouvel ambassadeur américain à Kigali, était en poste à Nairobi au Kenya. Notons que le Kenya va assurer le Commandement Général du déploiement des troupes des pays de l’Est en RDC et aussi le Kenya a investi en RDC dans le domaine de finance.

La  nomination de Lucy Tamlyn au poste d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire des Etats-Unis à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo.

Elle remplace Mike Hammer, qui a occupé ces fonctions entre septembre 2018 et mai 2022. Ce dernier a été nommé envoyé spécial des USA pour la Corne de l’Afrique.

Lucy Tamlyn  était jusqu’ici chargée des affaires ad intérim à l’ambassade des USA à Khartoum (Soudan). Auparavant, Mme. Tamlyn a occupé plusieurs autres postes notamment celui d’ambassadrice des États-Unis en République centrafricaine, en République du Bénin ou encore chef de mission adjointe aux ambassades des États-Unis au Portugal et au Tchad.

 Coco Kabwika avec Congovirtuel

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