RDC – Kwilu: des hommes armés tuent 16 personnes à Misia

L’incident a eu lieu à Misia, une localité voisine de Kwamouth au Mai-Ndombe, où un conflit meurtrier entre Tekes et Yakas perdure.

Seize personnes ont été tuées et vingt-cinq autres sont portées disparues dans l’attaque d’une localité dans l’ouest de la République démocratique du Congo où un conflit oppose deux communautés depuis cinq mois, a-t-on appris samedi de sources locales.

Dans la localité de Misia dans la province de Kwilu, « 16 personnes ont été tuées et 25 autres portées disparues » dans une attaque menée mercredi par des « assaillants non encore identifiés », a déclaré à l’AFP Jean-Claude Bwanganga, ministre provincial de l’Intérieur.

Le gouvernement provincial du Kwilu a envoyé des militaires et des policiers pour « traquer ces ennemis » qui ont aussi « incendié plusieurs maisons », a-t-il indiqué.

« Parmi les 16 personnes tuées, figure un chef de groupement (autorité coutumière) », a affirmé de son côté Placide Mukwa, un responsable de la société civile locale.

Selon lui, les assaillants sont souvent dans la forêt, et font incursion dans des villages où il n’y a pas de forces régulières.

Située dans le territoire de Bagata, Misia est une localité voisine de Kwamouth (province de Mai-Ndombe), où un conflit foncier oppose depuis le mois de juin les Tekes et Yakas, deux communautés de l’ouest de la RDC.

Ce conflit a fait plus de 180 morts, selon le gouvernement de Kinshasa, et plusieurs dizaines de milliers de déplacés, selon l’ONU. Certains d’entre eux ont traversé le fleuve et rejoint le Congo-Brazzaville voisin.

Environ 884 déplacés de Kwamouth dont 306 enfants vivent, depuis quelques jours, dans des conditions déplorables à Bandundu-ville, chef-lieu de la province du Kwilu.

Le cardinal Fridolin Ambongo avait au cours d’un point de presse au mois d’octobre décrit les tireurs de ficelle de ce conflit pluriethnique:  « La réalité est beaucoup plus complexe qu’on ne le croit. Plusieurs groupes ethniques de la RD Congo sont impliqués dans ce conflit : il y a des Bangala, des Batetela, des Baluba, des Bambala, des Yanzi. Même si les Yaka sont majoritaires, dans cette contrée, ce n’est pas un conflit ethnique, c’est un conflit autour de la gestion des fermes et des plantations que les autres ont acheté aux Teke ou qu’ils sont en train de louer aux Teke ».

Avec VOA

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