Pays à fort potentialité minière, la République démocratique du Congo ne tire pourtant pas profit dans l’exploitation de ses  carrés miniers.

Qualifié de léonin, la quasi-totalité des contrats pour l’exploitation de ces carrés miniers cédés aux sociétés étrangères en grande partie chinoise n’ont pas profité à la population congolaise.

Le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi  renégocie les accords d’infrastructure pour les minéraux que la Chine avait signé avec la RDC au cours de la dernière décennie.

Début de renégociation

La société publique congolaise de négoce de matières premières et d’exploitation minière Gécamines a formé une coentreprise nommée Sicomines avec un consortium d’entreprises chinoises dirigé par Sinohydro et China Railway Engineering Corporation pour développer une mine de cuivre et de cobalt pour 6 milliards de dollars.

Cependant Kinshasa le gouvernement congolais  n’a pas beaucoup bénéficié  dans cet engagement.

Au mois  d’août dernier, le gouvernement congolais a également formé une commission pour étudier les réserves du projet de cuivre et de cobalt Tenke Fungurume Mining (TFM), détenu majoritairement par China Molybdenum.

En outre, les autorités congolaises de la province du Sud-Kivu ont suspendu les opérations de six entreprises chinoises pour exploitation minière illégale et destruction de l’environnement.

Après la suspension, la Chine a ordonné aux entreprises d’arrêter leurs opérations et de quitter la RDC.

La Chine incontournable ?

La RDC est le premier producteur mondial de cobalt et La Chine est l’un des plus gros investisseurs dans ces opérations.

La RDC contrôle plus de 60% des réserves mondiales de minerai de cobalt, qui est principalement exporté vers la Chine pour être transformé en batteries pour voitures électriques, armes, machines et appareils électroniques.

Parmi les autres sociétés chinoises opérant en RDC figurent Huayou Cobalt, Chengtun Mining, Wanbao et CNMC.

Les États-Unis détenaient auparavant des intérêts miniers importants dans le pays – Freeport-McMoRan exploitait le projet TFM avant de vendre une participation majeure à China Molybdenum en 2015.

L’an dernier, la firme américaine a cédé le contrôle à China Molybdenum d’un autre site minier connu sous le nom de projet cuivre-cobalt de Kisanfu.

Il y a aussi l’entreprise américano et canadienne  comme Ivanhoe avec le projet Kamoa-Kakula – qui sont en affaires avec la Chine en RDC.

Plus critiqués que jamais en RDC par le président Félix Tshisekedi, les opérateurs chinois continuent pourtant d’arriver en masse dans les mines du pays.

Si les représentants de l’Etat chinois font actuellement montre d’une communication prudente vis-à-vis du secteur minier en RDC, sentant leurs intérêts menacés par la volonté du président Félix Tshisekedi de réviser son partenariat avec Pékin et voyant les titres miniers de certaines petites sociétés annulés, leurs compatriotes du privé sont beaucoup moins timorés. Les créations d’entreprises minières à capitaux chinois restent pléthoriques dans le pays.

Les miniers chinois, touchés mais pas coulés

Li Qingfeng et He Zhi Fei viennent ainsi d’enregistrer la Société minière de Punia (Somipu), afin d’explorer la zone riche en or et 3T (étain, tantale, tungstène) éponyme dans le Maniema. Yuecan Ren contrôle quant à lui désormais Mbryckw Mining Investment, quand Luo Hongjun et Cai Lanbin dirigent depuis fin septembre respectivement Congo Investment Mining Group pour le premier et Huahang Mining pour le second.

De nombreuses autres petites sociétés à capitaux chinois visant l’exploration et la production du sous-sol congolais ont été fondées ces dernières semaines.

En parallèle, les investisseurs chinois continuent d’intégrer un secteur où ils sont critiqués depuis de longs mois pour la concurrence tarifaire rude qu’ils imposent aux groupes locaux : le transport de minerais. Ainsi, l’un des leaders chinois du marché, Greenroad International Logistics, a créé une filiale fin septembre en RDC, Greenroad Logistics RDC, après avoir déjà pris pied en Afrique via la Zambie voisine, le Niger, le Mali, le Togo, le Congo, la Guinée équatoriale et le Soudan.

Kabwika Coco

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