Godefroid_munongo

Les riverains de la mine de cuivre et cobalt de Tenke Fungurume en RDC estiment que l’opérateur chinois du site ne leur reverse pas les sommes qui leur reviennent. Ceci serait dû selon eux à l’accord conclu avec l’influent chef coutumier Godefroid Munongo.

Depuis la mi-janvier, un groupe d’organisations de la société civile de RDC mené par l’avocat Freddy Kitoko Nyembo et l’activiste Mike Lameki cherche à faire renégocier le cahier des charges de Tenke Fungurume Mining (TFM) vis-à-vis des populations avoisinantes de la mine éponyme du Lualaba. Le consortium estime que ce document, qui indique les engagements financiers et matériels de TFM envers les communautés locales dans le cadre de la RSE (responsabilité sociétale des entreprises), est entaché d’irrégularités. Selon les organisations, alors que TFM, entité contrôlée désormais par le groupe chinois China Molybdenum Co (CMOC), a investi plus de 3 milliards de dollars dans le développement puis l’exploitation du gisement, seuls 5,88 millions de dollars par an sont reversés aux communautés locales, un chiffre considéré par elles comme « insignifiant ».

Si la société civile met en cause TFM, elle cible également Godefroid Munongo. Ce chef coutumier, ou « Mwami », de la population Bayeke, est celui qui a négocié l’accord avec l’opérateur chinois de la mine. Les chefs coutumiers sont en effet régulièrement les gestionnaires du foncier local et ont leur part dans certaines fonctions régaliennes, comme le recouvrement des taxes. Selon les dires des organisations, Mwami Munongo n’aurait pas obtenu une enveloppe assez importante pour les riverains. Surtout, alors que c’est lui qui perçoit l’argent, il ne le reverserait pas partout ni à tous au sein de la communauté des Bayeke. Mwami Munongo, qui préside l’Association nationale des autorités coutumières et traditionnelles du Congo (ANATC) et avait élu en 2015 à la tête du Comité exécutif du Forum des rois et chefs traditionnels d’Afrique, est influent, étant souvent consulté par les instances gouvernementales ou la présidence de RDC.

Le grief est aussi celui de la lutte d’influence entre ONG locales et internationales. C’est l’une de ces dernières qui avait organisé la médiation entre TFM et Mwami Munongo. Or, les associations congolaises se sentent lésées et souhaiteraient avoir leur part dans ce type de négociations.

Africa Intelligence

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