« Syndrome d ‘Afghanistan » /L’ Etat d’urgence s’enlise en RDC :Des militaires de l’US Army, qui avaient été déployés dans les parcs nationaux  de Virunga et de Garamba, ont plié bagage

L’Est de la RDC, mosaïque des forces étrangères qui peinent à convaincre.

Deux ans après l’arrivée au pouvoir du président Félix Tshisekedi, l’insécurité et les tueries continuent de frapper dans la partie Est. Des mouvements rebelles locaux, des ADF, des forces d’autodéfense et des éléments non contrôlés de l’Armée et de la Police nationale continuent à sévir.

Avec  l’état de siège décrété  le 6 mai 2021 en Ituri et au Nord-Kivu, deux provinces de l’Est de la République démocratique du Congo en proie à d’interminables violences des « résultats encourageant » sont observés sur le terrain, cependant sans affaiblir de manière significatives ces mouvements armés, principalement les ADF.

Le « syndrome d’Afghanistan » :L’US Army dans les parcs de Garamba et Virunga

Depuis avril 2019, l’EI a revendiqué certaines de ses attaques, et en mars de cette année, Washington a placé l’ADF sur une liste d’ « organisations terroristes » affiliées à l’EI .

Les forces d’opérations spéciales américaines sont arrivées dans l’est de la RD Congo pour aider à lutter contre une milice djihadiste  bénéficiant d’un « sanctuaire » dans les parcs naturels de la région.

Le bureau du président Félix Tshisekedi avait indiqué  que Kinshasa avait autorisé le déploiement en soutien de l’armée congolaise contre les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).

La taille du contingent était inconnue mais une dizaine de soldats étaient visibles sur les photos officielles d’une rencontre entre Tshisekedi et une délégation conduite par l’ambassadeur américain à Kinshasa Mike Hammer .

Des sources congolaises et américaines ont confirmé  dans la région la présence d’une partie des soldats dans une base du parc naturel des Virunga connue pour ses gorilles de montagne en voie de disparition.

La présidence avait  déclaré  que le contingent soutiendrait également les rangers de la Garamba, qui, comme les Virunga, est « devenu un sanctuaire pour les forces terroristes« .Mais sur terrain, la coopération sécuritaire tarde à se concrétiser.

La semaine dernière, la douzaine de militaires issus des forces spéciales de l’US Army, qui avaient été déployés dans les parcs nationaux congolais de Virunga et de Garamba, a plié bagage. Si les bérets verts, accueillis par le président Félix Tshisekedi le 15 août, y ont été envoyés par Washington pour soutenir les Forces armées de la RDC (FARDC) et les gardiens des parcs nationaux face à des groupes armés, les rangers congolais se sont pourtant montrés particulièrement critiques quant à l’utilité de la contribution américaine.

En avril 2017, après six ans d’intervention dans l’est de la Centrafrique, les forces spéciales américaines abandonnaient la traque de l’Ougandais Joseph Kony, leader  de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA).

Échec en Afghanistan et l’abandon de la traque de John Kony dans le parc de Garamba fait craindre « un nouveau syndrome d’Afghanistan » avec la traque des milices ADF,alors que la « coopération militaire » entre les rangers congolais et les forces spéciales américaines trouve des difficultés sur terrain.

Selon Africa Intelligence, un détachement de forces spéciales américaines avait déjà campé pendant plusieurs mois dans le parc de Garamba sans jamais intervenir en soutien a des gardiens locaux.

Museveni craint un « éventuel effet domino » du « succès Rwandais au Mozambique dans son pré – carré congolais

Conscient des limites de son armée et de la MONUSCO, le président Félix Tshisekedi grâce à sa diplomatie agissante a obtenu le soutien de plusieurs États afin d’éradiquer le phénomène ADF à l’Est de son pays.

Les forces armées kenyanes, ougandaises et tant d’autres ont pris quartiers dans ces deux provinces chacun contrôlant un terrain stratégique.

Les rebelles ADF au nord-est du Congo constituant une menace pour le développement côté ougandais des projets pétroliers de Tilenga (TotalEnergies) et Kingfisher (Cnooc), Mais Museveni veut aller plus loin, soucieux que la région ne se transforme pas en nouveau « Cabo Delgado », province mozambicaine où l’armée rwandaise s’est imposée comme principal rempart à l’insurrection islamique.

Dirigée par le brigadier général Moses Kwikiriza, la « 333 Mountain Brigade« , peloton de l’armée ougandaise spécialisé dans les opérations en milieu montagneux, a déjà été déployée à Beni. Son rôle est double : elle devra superviser la sécurité des travailleurs de l’entreprise Dott Construction, qui doivent réaliser un réseau routier de 223 km financé par l’Ouganda dans le pays, mais elle combat également les ADF.

En outre, Museveni veut prévenir une intervention du président Rwandais en Ituri vue les ambitions de Paul Kagame sur l’or congolais.

Malgré la présence des ces forces armées officielles et non officielles aux agendas cachés, la population de l’Ituri et du Nord-Kivu est toujours « victime » de l’insécurité née de des mouvements armés.

COCO Kabwika

Kabwikacoco@gmail.com

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