L’ex-chef de guerre congolais Roger Lumbala, qui vient d’être interpellé à Paris, résidait en France depuis la fin des années 1990. Les autorités françaises ont toutefois dû patienter jusqu’à la fin de sa demande d’asile.
Arrêté à la toute fin du mois de décembre dans les rues de Paris, comme l’a révélé Le Monde, l’ex-rebelle congolais Roger Lumbala a été placé dans la foulée en détention provisoire à la prison de la Santé. Poursuivi pour « complicité de crimes contre l’humanité » et « participation à un groupement formé en vue de la préparation de crimes contre l’humanité », il était depuis fin 2016 dans le viseur des enquêteurs de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH).
Or l’ancien chef de guerre, soupçonné de crimes dans les provinces du Haut-Uélé et de l’Ituri lorsqu’il était à la tête du Rassemblement congolais pour la démocratie-National (RCDN) durant la deuxième guerre du Congo (1998-2002), séjournait depuis la fin des années 1990 sur le sol français. Il était notamment locataire d’un appartement dans Paris, une ville où résidaient également certains membres de sa famille.
Une procédure de demande d’asile rejetée en 2016
Avant de se saisir de son dossier, les limiers de l’OCLCH ont dû se montrer patients et attendre la toute fin de sa procédure de demande d’asile. Roger Lumbala avait déposé un dossier auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), qui a été refusé. Il a alors déposé un recours auprès de la Cour nationale du droit d’asile, qui a définitivement rejeté sa demande en 2016.
Ce n’est qu’une fois toutes les voies de recours épuisées que l’Ofpra a pu faire un signalement auprès du pôle crimes contre l’humanité du parquet de Paris. Ce dernier a ensuite confié l’enquête fin 2016 à l’OCLCH, qui a amassé depuis de nombreux documents et témoignages pour étoffer les charges à l’encontre de Roger Lumbala, ce qui a mené à son interpellation fin décembre. D’après les informations d’Africa Intelligence, ces investigations se sont déroulées sans l’appui des autorités congolaises. Depuis la nomination d’un juge d’instruction, elles pourront toutefois être complétées par des commissions rogatoires internationales auprès de Kinshasa.
Africa Intelligence