« J. Kabila a tenté de reprendre le pouvoir en RDC via Shimon Shapira ex – conseiller de Benjamin Netanyahu et autres » (AI)

Pourquoi l’homme d’affaires biélorusse Zingman a accompagné Kabila à Abou Dhabi

Les services congolais avaient des doutes quant à la nature des relations entre l’ex-président Kabila et l’homme d’affaires biélorusse Alexander Zingman.

Arrêté mi-mars par les services de l’Agence nationale de renseignement (ANR) de RDC à son arrivée à Lubumbashi dans l’ancien Katanga, puis relâché le 30 mars après douze jours d’interrogatoire, le Biélorusse Alexander Zingman a toujours affirmé qu’aucune relation particulière ne le liait avec l’ancien président Joseph Kabila. Officiellement courtier en machine agricole, Zingman ne reconnaît que deux rencontres avec l’ex-chef de l’Etat congolais dans ses fermes, et seulement pour échanger sur des projets agricoles.

Africa Intelligence a  révélé que Zingman et Kabila avaient également voyagé ensemble aux Emirats arabes unis et au Zimbabwe, l’avocat de l’homme d’affaires a, dans un long courrier à notre rédaction, nié que Zingman « ait joué un quelconque rôle dans le voyage » de Joseph Kabila aux Emirats, et qu’il ait voyagé avec l’ancien président congolais au Zimbabwe. Les clichés de réunions auxquelles ont participé, en janvier et février, Zingman et Kabila aux Emirats ont d’ailleurs circulé sur Twitter. Ces photos démontrent que l’homme d’affaires biélorusse a bien participé assez étroitement au déplacement de l’ex-chef de l’Etat congolais à Abou Dhabi.

Connexions russes

Dans ces réunions, Zingman était accompagné par l’homme d’affaires daghestanais Alibek Issaev, installé à Dubaï depuis deux décennies. Issaev a été notamment à la tête d’une société d’immobilier, Yzer Group, et a développé ensuite des activités de cryptomonnaie et des applications de télécommunications. En 2013, le Russe avait tenté de faire une percée en Afrique après avoir mené des discussions avec la société sud-africaine FCF (FerroChrome Furnaces), producteur de carbone de ferrochrome.

Cependant, l’acquisition d’une partie du capital de FCF avait finalement échoué et son partenaire sud-africain, Zunaid Moti, avait même passé plusieurs mois en prison à Munich, en Allemagne, entre août et novembre 2018 à la suite d’une demande d’extradition de la Russie initiée par Issaev. La famille Moti a des connexions importantes avec le pouvoir, en Afrique du Sud comme au Zimbabwe.

Pourquoi Kinshasa s’inquiète ?

Officiellement à la tête de la société agricole Aftrade DMCC, lui permettant de justifier ses nombreux séjours en Afrique, Zingman a très tôt attiré l’attention des services congolais. Consul honoraire du Zimbabwe en Biélorussie, le businessman est un proche du président Emmerson Mnangagwa. Or ce dernier est resté en très bons termes avec son ancien homologue, Joseph Kabila. Son successeur à Kinshasa, Félix Tshisekedi, craint que Mnangagwa et Kabila s’allient pour tenter de le fragiliser.

La toute-puissance de Kabila en RDC – il contrôlait le Parlement, le Sénat et la très grande majorité des provinces – n’est plus qu’un lointain souvenir. Aidé des Américains et de son ambassadeur à Kinshasa depuis 2018, le tonitruant Mike Hammer, Tshisekedi a dynamité fin 2020 la coalition de Kabila (Front commun pour le Congo) en attirant des dizaines de ses membres dans une union sacrée conduisant au départ des patrons des deux chambres législatives et permettant la formation en mai d’un nouveau gouvernement dirigé par le premier ministre Sama Lukonde Kyenge.

Acculé, Kabila pourrait ainsi avoir été tenté de chercher du soutien à l’extérieur pour reprendre le pouvoir. Comme nous l’avions déjà indiqué et malgré ses dénégations, Zingman aurait rendu possible la rencontre à Abou Dhabi entre Kabila et certains hommes d’affaires israéliens, comme l’ancien de Tsahal, Shimon Shapira (ex-conseiller sécurité du désormais ancien premier ministre Benjamin Netanyahou).

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Africa Intelligence

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