La cérémonie de pose de la première pierre de la route entre Kasomeno (RDC) et Mwenda (Zambie), qui devait réunir les chefs d’Etats congolais et zambien, a été reportée sine die. Alors qu’il est en bonne voie côté zambien, le projet accuse du retard en RDC, au grand dam du président Félix Tshisekedi.

D’après les informations d’Africa Intelligence, le projet de route transfrontalière entre la RDC et la Zambie, qui doit traverser les villes congolaises de Kasomeno, Kasenga et Chalwe (province du Haut-Katanga, sud-est de la RDC), jusqu’à Mwenda côté zambien, bute encore sur des considérations techniques. C’est particulièrement le cas pour la RDC, où les autorités et les promoteurs du projet ne parviennent pas à s’entendre sur la répartition des recettes des péages.

Conscient de ces difficultés, le président congolais Félix Tshisekedi avait exprimé une vive colère contre ses équipes à l’issue de son entretien, le 24 avril dernier, avec son homologue zambien Edgar Lungu. Le retard pris par Kinshasa a d’ailleurs contraint les organisateurs à annuler la cérémonie de pose de la première pierre en présence des deux chefs d’Etat, qui devait avoir lieu courant mai – aucune date n’a depuis été fixée. L’enjeu est pourtant d’importance pour Lusaka, où la prochaine élection présidentielle se tiendra en août prochain.

Dédiée à l’exportation de l’industrie minière de la Copperbelt, cette route transfrontalière est censée offrir une alternative à celle, particulièrement congestionnée, reliant Lubumbashi (capitale du Haut-Katanga) et le port tanzanien de Dar es-Salaam via le poste-frontière de Kasumbalesa entre la RDC et la Zambie. Interconnectée avec des tronçons déjà présents, elle doit permettre de raccourcir de 277 kilomètres la route existante.

Elle a été développée à l’origine par la société Groupe européen de développement Africa (GED Africa), fondée par l’entrepreneur hongrois René Hutton-Mills qui n’est autre que le beau-frère de l’homme politique congolais et ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi. Après avoir signé en 2019 un Memorandum of Understanding (MoU) avec Kinshasa et Lusaka, René Hutton-Mills a ensuite vendu en 2020 son projet à l’entreprise hongroise de BTP Duna Aszfalt.

 Africa Intelligence

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