Qui est l’entrepreneur hongrois René Hutton-Mills, beau-frère de Moïse Katumbi et constructeur des routes d’exportation des minerais?

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Inconnu en RDC jusqu’au début des années 2010, cet entrepreneur s’est lancé dans les affaires grâce à plusieurs contrats routiers du gouvernement provincial du Katanga, qui était alors dirigé par son beau-frère Moïse Katumbi.Fondateur de GED Africa, l’homme d’affaires hongrois René Hutton-Mills est un ancien collaborateur de la société américaine d’audit Arthur Andersen, pour laquelle il a mené plusieurs projets au Ghana, en Zambie, en Sierra Leone, au Bénin et en RDC. Après avoir dirigé à Budapest la société d’investissement immobilier KeySpace Hungary, il a commencé au début des années 2010 à faire des affaires en RDC. Marié à la sœur de Carine Katumbi, l’épouse de l’ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, il s’est lancé entre 2011 et 2012 dans la construction de routes grâce à plusieurs marchés du gouvernement provincial. Environ 12,5 km de routes auraient ainsi été bitumés.

 Le Groupe Européen de Développement Africa (GED Africa), une société enregistrée à l’île Maurice

L’entrepreneur hongrois René Hutton-Mills mène le projet de construction d’une route transfrontalière entre la RDC et la Zambie, qui doit faciliter l’exportation des minerais congolais vers Dar-es-Salaam.

Le Memorandum of Understanding (MoU) signé le 26 novembre 2019 entre la RDC et la Zambie, qui fixe les modalités de gestion de la future route transfrontalière à péage Kasomeno-Mwenda, fait suite à plusieurs années de tractations autour de l’unification des contrats régissant le projet des deux côtés de la frontière. Ceux-ci ont été attribués au Groupe européen de développement Africa (GED Africa), une société enregistrée à l’île Maurice, qui gère le projet sous la forme d’un partenariat public-privé en Build, Operate, Transfer (BOT) d’une durée de 25 ans.

Côté congolais, cette entreprise avait déjà été sélectionnée en 2015 au terme d’un appel d’offres initié par l’Agence congolaise des grands travaux, qui lui avait attribué le contrat pour un coût d’environ 221 millions $. Les travaux à réaliser en Zambie étant estimés à un peu plus de 250 millions $, le coût total du chantier s’élève à au moins 470 millions $. Toutefois, ce montant pourrait être revalorisé d’ici mai 2020 en fonction des travaux de construction des postes frontaliers.

Le projet  Kasomeno et Mwanda : Un trajet réduit de 277 km

Pour conduire le projet entre Kasomeno et Mwanda, René Hutton-Mills s’appuie sur des sociétés qu’il a créées des deux côtés de la frontière : GED Congo, dirigée par le Congolais Sylvain Manda, et GED Projects Africa Zambia Ltd, avec à sa tête le Zambien Marcus Scott. L’entrepreneur hongrois s’est également associé à la Development Bank of South Africa, qui a financé à hauteur de 5,8 millions $ plusieurs études, notamment grâce à un don de l’Union européenne, et à la firme hongroise de BTP Duna Aszfalt. Spécialisée dans la construction de routes, cette entreprise est détenue par László Szíjj, l’un des hommes les plus riches de Hongrie, qui a fait le déplacement jusqu’à Lubumbashi pour assister à la cérémonie de signature du MoU. Cependant, son entrée au capital de GED Africa fait encore l’objet de négociations.

Longue de 182 km, cette route devait traverser les villes de Kasomeno, Kasenga et Chalwe, dans la province du Haut-Katanga, jusqu’à Mwenda, en Zambie. Le projet comprend également la construction d’un pont à haubans de 350 m au-dessus de la rivière Luapula, qui fait office de frontière naturelle entre la RDC et la Zambie.

Interconnectée avec certains tronçons, cette route doit offrir une alternative à celle qui relie déjà Lubumbashi, la capitale du Katanga, au port tanzanien de Dar es-Salaam, l’un des principaux débouchés de la production minière congolaise. Son tracé est censé raccourcir de 277 km le parcours de la route existante, qui fait environ 2 000 km, et éviter le poste-frontière de Kasumbalesa, entre la RDC et la Zambie, où les camions attendent parfois plusieurs jours avant de pouvoir passer, malgré de récentes améliorations. 

Le mariage de  Toll Infrastructure Services et la société GED Africa de René Hutton-Mills

Le sud-africain Toll Infrastructure s’associe au projet de route du beau-frère de Katumbi. Toll Infrastructure Services a rejoint  la société GED Africa, propriété de l’entrepreneur hongrois René Hutton-Mills, pour mener à bien le projet de route transfrontalière entre la Zambie et la RDC.

Spécialisée dans l’ingénierie routière, la société sud-africaine Toll Infrastructure Services va réaliser les études de faisabilité et de conception des péages, des stations de pesage et des postes-frontières de la future route entre les localités de Kasomeno (RDC) et Mwenda. 

Ce projet d’une longueur de 182 km, qui doit relier des tronçons préexistants, ambitionne de concurrencer la route qui relie Lubumbashi, capitale provinciale du Haut-Katanga, au port tanzanien de Dar es-Salaam, via le poste-frontière de Kasumbalesa. Empruntée chaque jour par des milliers de camions desservant l’industrie minière de la Copperbelt, celle-ci est particulièrement congestionnée.

Désormais associé à GED Africa, le directeur général de Toll Infrastructure Services, Hannes Van Wyk, s’est rendu près de la rivière Luapula, qui fait office de frontière naturelle entre la RDC et la Zambie, et où sera construit un pont. Il était accompagné de l’un de ses employés, l’ingénieur Pieter Kruger.

Fondé en 2005 à Pretoria par Hannes Steenekamp, Toll Infrastructure Services s’est spécialisé dans les infrastructures et les systèmes de péages routiers. La société, qui a mené une dizaine de projets en Afrique du Sud, cherche à se développer à l’international avec des réalisations en Irlande, en Pologne, en Inde et au Nigeria.

 Africa Intelligence

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