Hier samedi, une importante réunion de la hiérarchie de l’UDPS s’est tenue au siège du parti sous la conduite du Secrétaire général Augustin Kabuya, pour statuer sur le sort à réserver au Président ai du parti présidentiel Jean-Marc Kabund.
Rien n’a jusque-là filtré des décisions prises au cours de cette rencontre. « J’ai écouté tout le monde et je dois faire rapport à qui de droit », s’est contenté de dire Augustin Kabuya, qui n’a plus ouvert la bouche depuis la genèse de l’affaire Kabund il y a plus d’une semaine.
A la réunion de samedi, ont pris part tous les adjoints du Secrétariat général et les Secrétaires nationaux, ceux-là même qui la veille vendredi, s’étaient fendus d’une déclaration incendiaire contre le même Jean-Marc Kabund.
Condamnations unanimes
Depuis l’annonce par tweet de la démission de son poste de 1er Vice-président de l’Assemblée nationale voilà bientôt dix jours, il ne se passe pas un jour sans une condamnation publique de Jean-Marc Kabund émanant des différents strates du parti. La dernière en date est sans doute celle des Secrétaires nationaux de l’UDPS qui traite leur Président ai de « véritable délinquant politique et de récidiviste avéré ».
Mais Jean-Marc Kabund lui, garde un silence de sphinx devant toute cette déferlante verbale à son encontre, depuis le communiqué laconique sur sa volte-face émis par son Directeur de Cabinet : « Il a écouté le peuple. Il ne démissionne plus. »
Tout au long de la semaine qui s’achève, des incidents opposant les pro et les anti-Kabund se sont succédés devant le siège du parti à la 10ème Rue/Limete, et ce dimanche matin, des partisans de Jean-Marc Kabund se sont violemment opposés à ceux d’un autre thuriféraire du parti, le député national Gérard Mulumba dit Gecoco, au Quartier Kingabwa, obligeant les forces de police à donner des coups de feu, de matraques et des gaz lacrymogènes.
JM Kabund, un mort qui refuse de se faire ensevelir
Entre-temps, dans la ville haute, grossit la rumeur selon laquelle, une rencontre se serait tenue samedi la nuit entre le Président Félix Tshisekedi, autorité morale du parti, Jean-Marc Kabund et le Président de l’Assemblée nationale Christophe Mboso.
A Kinshasa, les analystes se perdent en conjectures sur ce qui se passe réellement à l’UDPS et des luttes internes qui s’y déroulent, sur fond de conservation du pouvoir et de contrôle des gros sous.
Kabund, l’homme qui se considérait comme l’alter ego du président de la République Félix Tshisekedi doit sûrement regretter l’excès de zèle de sa garde rapprochée, ayant conduit au rixe avec un élément de la garde républicaine et la couverture médiatique qui s’en suivie.
Visiblement en guerre froide avec le président de la République, car non présent dans la tournée du Grand Kasaï, l’homme doit regretter amèrement sa décision épidermique de démissionner, sûrement sous le coup de la colère.
Il n’est lui reste plus qu’à pleurer comme ce personnage de Molière Georges Dandin, espérant un renversement de la situation en sa faveur. Hélas, même s’il se maintient au poste du vice-président et de la présidence ai de l’UDPS, rien ne sera plus comme auparavant.
Alors, voilà qu’on entend George Dandin qui gémit sur lui-même: « Vous l’avez voulu ! Vous l’avez voulu, George Dandin ! Vous l’avez voulu ! Cela vous sied si bien et vous voilà ajusté comme il faut : vous avez justement ce que vous méritez…« . George Dandin. Acte I, scène 9).
Avec Infocongo