Venu dans la capitale congolaise, dit-on, sur invitation de Jean-Pierre Bemba pour assister au mariage de son fils, l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, qui séjourne depuis vendredi 2 juillet à Kinshasa et pourra repartir ce 8 juillet pour la Côté d’Ivoire, a rencontré d’autres personnalités politiques congolaises.  C’est notamment le président Félix Tshisekedi et le fils Lumbumba, Okito Roland.

Avec Jean-Pierre, son codétenu de la prison de Scheveningen de la Cour Pénale Internationale(CPI) à la Haye au Pays-Bas, Laurent Gbagbo se fait un vrai ami. C’est cette amitié tissée dans la prison de «Blancs» qui a fait qu’il vienne l’honorer  par sa présence physique au mariage de son fils à Kinshasa.

Le point commun avec les deux personnalités dont l’un était président de la République en Côté d’Ivoire et l’autre vice-président de la République Démocratique du Congo, ce qu’ils se sont retrouvés en prison à La Haye après leurs mandats, accusés principalement de crimes de guerre et crime contre l’humanité. Si Bemba a passé 11 ans dans cette maison carcérale, Gbagbo y est resté 10 ans. Ils ont été tous acquittés.

Seulement, pendant son séjour kinois, Laurent Gbagbo ne s’est pas limité à seul Jean-Pierre, mais il a élargi ses rencontres à d’autres prisonniers congolais de La Haye dont Germain Katanga, Thomas Lubanga, Mathieu Gundjolo, Fidèle Babala. Et selon un communiqué de son staff, il a «saisi l’opportunité de cette rencontre pleine d’émotions portées par des souvenirs douloureux, pour remercier chaleureusement ses anciens codétenus qui l’ont servi avec dévouement pendant leur temps d’incarcération».

Va-t-on vers la création de l’association des anciens codétenus de la Cour Pénale internationale ? Possible. En effet, chacun d’eux a son histoire dans la maison carcérale de La Haye. Thomas Lubanga avait purgé 14 ans pour avoir enrôlé des enfants comme des combattants en Ituri. Quant à Germain Katanga, il été libéré par la CPI en janvier 2016 après avoir purgé les 3/4 de sa peine. Il était condamné en tant que complice d’un chef de crime contre l’humanité 35 de quatre chefs de crimes de guerre commis en 2003 dans le village de Bogoro à Bunia.

Mathieu Ngudjolo Chui, ancien commandant en chef du Front des nationalistes intégrationnistes (FNI) et de la Force de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI) est lui arrêté le 6 février 2008 par les autorités congolaises et remis à la Cour pénale internationale (CPI) pour subir un procès de six accusations de crimes de guerre et trois accusations de crimes contre l’humanité. Il est aussi accusé d’avoir perpétré des assassinats et des violences sexuelles à l’égard des femmes et d’enrôlement d’enfants-soldats (enfants de moins de quinze ans). Il est pourtant acquitté, en décembre 2012, de ses charges de crimes de guerre par le juge Bruno Cotte avec comme motif que l’accusation n’avait pas prouvé au-delà de tout doute raisonnable qu’il était responsable des crimes commis, une décision qui a conduit à la critique de la CPI.

Fidèle Babala, lui n’aura pas passé beaucoup d’années à La Haye. Accusé de subornation de témoins, avec l’avocat de Jean-Pierre Bemba, Me Aimé Kilolo, ils avaient été soupçonnés d’avoir produit de faux documents et de faux témoignages dans le procès intenté contre l’ancien sénateur congolais pour crimes contre l’humanité commis en Centrafrique, en 2002 et 2003. 

Dans cette aventure à la CPI, il faut reconnaître que c’est la RDC qui a battu le record de grand fournisseur des prisonniers.

ScoopRDC

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