RDC – marches : contre toute attente, le FCC mobilise et gagne

marche FCC

Après les marches pacifiques organisées dernièrement par l’Udps, Lamuka et le CLC, c’est le FCC qui a pris la main, en rassemblant ses militants dans la rue pour soutenir les institutions de la République. En répondant par les mêmes voies que l’Udps, la famille politique de l’ex-président Joseph Kabila a voulu envoyer un message fort au chef de l’État, que nul n’a le monopole de la rue. Même si, sur le fond, chacun sait comment et de quelle manière il mobilise ses foules à Kinshasa. Mais dans ce mesurage de rapport des forces, par le truchement de la rue, c’est la victoire pour la « jeune » démocratique congolaise. La preuve, c’est que même l’ancien « tout-puissant » chef de l’ANR, Kalev Mutond, a manifesté librement et retourné chez lui sans être inquiété.

Le Front commun pour le Congo (FCC), coalition de l’ex-président de la République Joseph Kabila, a montré ses biceps dans une mobilisation populaire, jeudi 23 juillet à Kinshasa, pour s’opposer à ce qu’elle qualifie de « dictature », montrant ainsi son « soutien » à la démocratie, alors que la toiture de son alliance avec Félix-Antoine Tshisekedi tangue à la tête bicéphale de la République.

Partis du croisement des Boulevards Lumumba et Sendwe, les manifestants, avec des drapeaux de différents partis membres du Front Commun pour le Congo (FCC), ont pris la direction du Boulevard Sendwe pour se rendre au Palais du peuple, pointe de chute de la manifestation. Mais la marche s’est arrêtée juste sur l’esplanade du Boulevard triomphal, empêchée par la police nationale congolaise.

Tous les ténors du FCC ont répondu présents à cette manifestation, notamment le coordonnateur Néhémie Mwilanya, Emmanuel Ramazani Shadary,  Bruno Tshibala, Ngoy Kasanji, Adolphe Lumanu Bwana Nsefu et même l’ancien DG de l’Agence nationale des renseignements (ANR), Kalev Mutond.

Le coordonnateur du FCC, Néhémie Mwilanya, était l’homme le plus heureux, à l’issue de cette sortie réussie d’hier. Au milieu de la foule à Kinshasa, l’élu de Fizi s’était félicité de la réussite de la marche organisée par sa famille politique.

« Nous avons prouvé que nous avons la majorité dans les institutions et dans la rue », s’est-il flatté.

Toutefois, même en montrant ses biceps, le coordonnateur du FCC rassure qu’ils sont toujours pour le dialogue avec le CACH.  « Mais, nous avons décidé de marcher parce que nos frères ont boycotté 3 rencontres, alors que le FCC était au lieu de rendez-vous, préférant nous conduire dans la rue. Nous y sommes », a dénoncé M. Mwilanya.

Des leçons réciproques

Par cette confrontation de rue, les deux alliées de la coalition FCC-CACH se sont donné des leçons.

La première, c’est qu’en fait de mobilisation et de réussite, la rue a donc servi d’école pour les anciens dignitaires du régime Kabila, eux qui, à chaque manifestation publique, faisait couler le sang de paisibles citoyens soit par des tirs à gaz lacrymogènes ou à balles réelles, soit par des interpellations et incarcérations dans les cahots de l’ANR que tenait des mains de maître Kalev Motond.

La deuxième leçon, c’est que la coalition de Joseph Kabila a tenu son rang, allant jusqu’à réaliser une marche sans incident, remettant alors en cause celle de l’Udps, qui a abouti à des incidents aux sièges de ses alliés ainsi qu’à des morts d’hommes.

La troisième leçon, le FCC a démontré que la rue n’appartient donc pas seulement à l’opposition congolaise, ni même au parti de Félix-Antoine Tshisekedi, qui a marché le 9 juillet dernier, dans une manifestation sanglante.

« La majorité de Joseph Kabila n’est pas factice, contrairement à ceux qui soutiennent que le clan Kabila n’aurait qu’une majorité mécanique au Parlement », a déclaré Néhémie Mwilanya à l’issue de la marche.

Bref, le Front Commun pour le Congo a tenu à répondre, jeudi dans les rues de Kinshasa, à son allié au pouvoir, comme une réponse du berger à la bergère.


LePotentiel, Titrage congovirtuel

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