RDC/USA: comment les cabinets de lobbying américains ont aidé F. Tshisekedi à se rapprocher de Donald Trump

Depuis son investiture, le nouveau chef de l’Etat congolais Félix Tshisekedi  a multiplié des gestes en direction de l’administration de Donald Trump. Déjà, comme candidat à la présidentielle de décembre 2019, Félix Tshisekedi avait multiplié des contacts avec des cabinets de lobbying américains pour accroître sa visibilité outre-Atlantique.

Felix Tshisekedi a travaillé avec le « cabinet Pamoja USA » pour sa campagne présidentielle de 2018 et son élection.

Au cours de sa campagne de 2018, le candidat Tshisekedi était engagé avec le cabinet Pamoja USA, chargé d’organiser des levées de fonds outre-Atlantique. Selon un dossier du ministère de la Justice Américain, Max Karst et Celestin Kabasele de Pamoja USA ont fait la promotion du programme de réforme du candidat  Tshisekedi pendant la campagne présidentielle de 2018 «Solliciter des contributions de donateurs américains potentiels et du grand public» «Fournir une contribution à F. Tshisekedi à partir de consultations avec des représentants du gouvernement américain, des ONG et des parties prenantes du monde des affaires concernant leurs attentes en matière de réforme sur des sujets tels que les élections équitables en RDC, le commerce, l’aide, les droits de l’homme, la santé, le commerce des minerais de conflit, entre autres; et «développer des sites Web, des média , la télévision, la radio, la presse écrite et d’autres moyens de communication»

– Karst a déclaré que parmi les éléments clés du message de leur cabinet, il faudrait souligner que «
les États-Unis peuvent et doivent jouer un rôle plus important au cœur de l’Afrique en tant que partenaire d’un gouvernement réformateur légitime. «Pour l’instant, nous travaillons [partiellement] à titre bénévole, par nécessité et non par choix, car la campagne électorale de Felix Tshisekedi  dispose de très peu de ressources», avait-il ajouté. Il a déclaré que le groupe vise à former une coalition de parties prenantes «pour aider le peuple congolais à transformer leur pays et la  perception du gouvernement Américain du Congo».
Felix Tshisekedi n’était pas le seul politicien de l’opposition congolaise candidat à avoir des lobbyistes américains. Ballard Partners avait  fait  le lobbying pendant la campagne présidentielle de 2018 pour le Groupe des Sept, qui représente Moïse Katumbi et autres opposants. Depuis son passage à l’opposition en 2015, Katumbi a déboursé 1,3 million $ en frais de lobbying aux Etats-Unis.

Moïse Katumbi a mis à la disposition de Martin Fayulu  son contrat de lobbying avec le cabinet américain Akin Gump Strauss Hauer & Feld pour 600 000 $

Soutien de Martin Fayulu lors de la présidentielle de décembre 2018, l’opposant Moïse Katumbi a mis à la disposition du candidat de Lamuka son contrat de lobbying avec le cabinet américain Akin Gump Strauss Hauer & Feld. Sur l’année 2018, celui-ci a reçu près de 600 000 $ de la part de l’ancien gouverneur du Katanga. Une somme qui comprend les 90 000 $ payés par Akin Gump Strauss Hauer & Feld à un autre cabinet de lobbying, DCI Group, afin de l’assister auprès de Martin Fayulu et Moïse Katumbi.

« Avenue strategies »  a rejeté la demande d’OMER LAVIV pour aider leur client Joseph Kabila

Début 2017, des représentants du cabinet de conseil en sécurité israélien Mer Security and Communications Systems ont contacté Avenue Stratégies pour aider leur client, alors  président Joseph Kabila de la République démocratique du Congo, à tenter d’organiser une réunion avec Trump, selon des sources ayant une connaissance directe du dossier.
Avenue strategies a repoussé et refusé d’aider Kabila à obtenir l’accès qu’il recherchait.

L’ex-président de la République démocratique du Congo a été accusé de corruption pour diverses raisons. Par exemple, Kabila a été critiqué pour être resté plus de deux mandats, ce qui est la limite légale.

Après son deuxième mandat, cependant, le gouvernement a continué à repousser les élections afin de lui permettre de rester au pouvoir.

Kabila s’appuyait notamment sur les relations d’Omer Laviv avec de nombreux cabinets de lobbying proches de Donald Trump. Le groupe israélien s’était engagé avec plus d’une dizaine de cabinets (Livingston Group, Southfive Strategies, Sonoran Policy Group, Beckerman…) pour plusieurs millions de dollars.

« Avenue Strategies » pour un rapprochement Tshisekedi – Trump

A peine arrivé au pouvoir en fin janvier 2019, le nouveau président congolais s’est engagé avec Avenue Strategies, cabinet américain fondé par des proches de Donald Trump dont Barry Bennett. Ce dernier doit ouvrir au nouveau chef de l’Etat congolais son carnet d’adresses et ses contacts au sein du Parti républicain. Le contrat avec Avenue Strategies intervient après celui passé, fin janvier, avec le lobbyiste Stephen Lande, patron de Manchester Trade. Engagé auprès de plusieurs gouvernements (Ghana, Nigeria, Kenya, Afrique du Sud…), il conseillera la présidence Congolaise en matière de coopération économique avec les Etats-Unis, notamment dans le domaine minier. Un secteur dans lequel Manchester Trade a déjà opéré auprès de gouvernements et de groupes privés (Delta Mining, conférence Mining Indaba…).

Mer Group évincé des contrats de lobbying  par Félix Tshisekedi

Intermédiaire entre l’administration Kabila et ses lobbyistes à Washington, la société israélienne Mer Group était moins bien en cour auprès de Félix Tshisekedi. Bien que le PDG du groupe spécialisé dans les secteurs sensibles, Omer Laviv, ait proposé à plusieurs reprises ses services au nouveau président à Félix Tshisekedi, ce dernier  a préféré décliner.

Félix Tshisekedi est déjà sous contrat avec des cabinets de lobbying outre-Atlantique, à l’instar d’Avenue Strategies, dirigé par Barry Bennett, proche du président américain  ou encore LFA Holdings. Ce dernier a notamment été mis à contribution pour préparer la tournée nord-américaine de Félix Tshisekedi en avril 2019.

Ambassadeur de la RDC aux Etats-Unis depuis sa nomination, par Joseph Kabila, en 2015, François Nkuna Balumuene a signé  ce contrat avec le cabinet de lobbying américain LFA Holdings pour œuvrer à préparer la visite de Félix Tshisekedi à Washington d’avril 2019.

Mike Hammer, un Mentor omniprésent et poisson pilote de Félix Tshisekedi

Ambassadeur américain en RDC, Mike Hammer a largement participé à la préparation de la visite de Félix Tshisekedi à Washington, du 2 au 7 avril 2019. Pour cette mission, le diplomate s’était entouré des services et du soutien de Tibor Nagy, secrétaire d’Etat adjoint aux affaires africaines, pour convaincre le secrétaire d’Etat Mike Pompeo de recevoir le nouveau président congolais.

Mike Hammer a assisté à l’ensemble des rencontres entre Félix Tshisekedi et les autorités américaines, à l’instar des réunions avec Rick Perry, secrétaire d’Etat à l’énergie, ou encore David J. Trachtenberg, sous-secrétaire adjoint à la défense. Mike Hammer a par ailleurs pris part, le 5 avril 2019 à la réunion entre le président congolais et la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde.

Côté congolais, Félix Tshisekedi était accompagné de son conseiller sécurité, François Beya Kasonga, et de son directeur de cabinet adjoint, Désiré-Cashmir Kolongele Eberande. Plusieurs contrats de lobbying avaient été signés en amont de cette visite, qui a également permis la rencontre avec plusieurs patrons de firmes américaines.

Lettre du Continent

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