South African Airways va fermer ses portes, l’industrie aérienne sud-africaine au bord du gouffre

L’industrie aérienne sud-africaine est au bord de l’effondrement et la compagnie aérienne nationale, South African Airways, est quasi-assurée de fermer définitivement ses portes, selon de nombreux rapports de presse et des déclarations de hauts fonctionnaires.

S’il est vrai que les difficultés de la compagnie aérienne fondée en 1934 ont commencé bien avant le coronavirus, c’est le confinement lié à la pandémie (notamment la fermeture des aéroports) qui a sonné le glas.

Le quotidien économique Business Day compare la compagnie aérienne à un « mort vivant » et précise qu’elle a enregistré plus de 32 milliards de rands de pertes au cours des dix dernières années.

Selon un chef de syndicat cité par l’agence de presse IOL, South African Airways n’a pas les 500 millions de rands qu’il faut pour payer les salaires mensuels de ses employés. En fait, précise la même source, ces derniers n’ont pas perçu leurs salaires de mars et avril.

Entre temps, des négociations multipartites sont en cours pour voir quelle est la meilleure voie à suivre. Elles impliquent les syndicats de travailleurs, l’association des pilotes, les deux superviseurs du sauvetage des entreprises, Siviwe Dongwana et Les Matuson, et le ministre en charge des entreprises publiques, Parvin Gordhan.

Agé de 71 ans, M. Gordhan est un administrateur chevronné qui maîtrise le dossiers des entreprises étatiques sud-africaines. En 2010 il a joué un rôle clé dans l’obtention d’un prêt d’environ 4 milliards de dollars de la Banque mondiale pour revitaliser Eskom, la compagnie électrique nationale.

L’un des points de divergences concerne les indemnités de licenciement pour les 4 708 employés de la compagnie aérienne, selon IOL. Les négociations devaient initialement expirer la semaine dernière, mais M. Gordhan les a reportées au 1er mai.

Une autre possibilité apparait désormais : le lancement d’une nouvelle compagnie aérienne nationale.

Sous ce scénario, les employés seront maintenus, mais l’État n’aura que très peu d’influence sur la gestion ordinaire de la compagnie. Cette option semble avoir obtenu le soutien des syndicats, qui s’opposent désormais à la liquidation des équipements et des autres actifs de la South African Airways.

Quoi qu’il advienne, l’exercice d’attribution du blâme a déjà commencé.

Pour le quotidien Business Day, inutile de chercher de midi à 14 heures. C’est l’ancien président Jacob Zuma qu’il faut pointer du doigt. Car la tragédie de South African Airways est « une puissante illustration de la mauvaise gestion qui a caractérisé son règne » à la tête du pays, lit-on dans un éditorial.

Pour sa part le quotidien influent Mail and Guardian voit les choses d’une autre manière.

Dans une caricature publiée ce vendredi, son talentueux dessinateur Carlos dépeint South African Airways comme un squelette sous forme d’un avion. En bas, une inscription : « elle a mangé les pauvres et subventionné les riches », une référence aux tensions sociales qui ont fini par définir l’Afrique du Sud d’aujourd’hui.

VOA

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