«Kabila» recourt aux « services » des « Maï Maï Nyatura »

Kabila

Des observateurs nationaux et internationaux semblent convenir que le président sortant «Joseph Kabila» représente désormais une grave menace pour la paix et la sécurité au Congo-Kinshasa. Décidé de s’accrocher au pouvoir pour le pouvoir - en dépit de l’interdit constitutionnel -, le locataire du Palais de nation a trouvé de nouveaux artifices pour «neutraliser» ceux qui tenteraient de faire échec à cette "ambition". Après les armes glissées discrètement dans une habitation soumise à la perquisition, l’ex-«commandant Hippolyte» a trouvé une nouvelle arme. Il s’agit d’accuser certains de ses adversaires politiques de préparer un «mouvement insurrectionnel». Selon des sources bien informées, des caciques de la « majorité présidentielle » auraient pris langue avec les miliciens « Maï Maï Nyatura ». « L’objectif est d’accuser l’ancien gouverneur Moïse Katumbi d’avoir recruté ces combattants ».



Une semaine après la répression de la manifestation pacifique organisée, le dimanche 24 avril dernier, à Lubumbashi, en commémoration du 26ème anniversaire de la restauration du pluralisme politique, la tension reste palpable non seulement à Kinshasa mais aussi dans le chef-lieu de la province du Haut Katanga.



A Kinshasa, des sources bien informées rapportent que «Joseph Kabila» a présidé, vendredi 29 avril, une réunion aux allures cabale. Quelques « jusqu’au-boutistes » de la « majorité présidentielle » (MP) étaient présents. « Les participants ont conseillé au ‘raïs’ de soudoyer les miliciens Maï Maï Nyatura afin qu’ils déclarent leur ’ralliement’ à l’ancien gouverneur Moïse Katumbi, candidat du G7 à l’élection présidentielle de 2016 ». L’homme qui parle est un membre de la MP. « Dès que cette déclaration solennelle sera faite, Joseph Kabila pourrait prendre l’opinion tant nationale qu’internationale à témoin et ordonner l’arrestation de Katumbi ».


Mercenaires

La très kabiliste « Télé50 » que dirige Jean-Marie Kasamba annoncé récemment que « Moïse » serait en train de recruter des « mercenaires étrangers » dans l’ex-Katanga. Citant des « sources diplomatiques », ce média, inféodé au pouvoir, soutient qu’il existe des camps d’entraînements dans l’ancienne province du Katanga. Dans un communiqué, Katumbi avait exigé d’être entendu par la justice congolaise en présence de représentants de la « communauté internationale ».

Dans un dossier réalisé par le projet « Enough », il est indiqué que la milice « Maï Maï Nyatura » a été créée en 2010. Il s’agit d’un groupe composé des Hutu congolais. Les « Nyatura » entretiennent d’excellentes relations avec les rebelles rwandais des FDLR mais aussi avec les FARDC.



Il importe d’ouvrir la parenthèse ici pour relever que «Joseph Kabila» a toujours entretenu des relations « troubles » tant avec le régime de Kigali qu’avec les miliciens des FDLR. En juin 2011, la presse flamande rapportait qu’à la demande de Paul Kagame, le locataire du Palais de la nation avait pris langue avec les leaders Hutu des FDLR. A l’ordre du jour, le transfert des combattants de ce mouvement des environs de Walikale et Masisi au Kivu vers la province du Maniema suivi de leur désarmement. L’objectif consistait à éloigner ces opposants armés des frontières de leur pays d’origine. L’opération fut un échec. Les Hutu avaient exigé notamment des négociations directes entre Paul Kagame. "Niet", avait répondu le maître de Kigali. Fermons la parenthèse.



A Lubumbashi, le commissaire provincial de la police dans le Haut-Katanga, le « général » Bosco Galenga, a animé, jeudi 28 avril, un point de presse au cours duquel il a commencé par faire remarquer que la manifestation organisée ce dimanche 24 avril par le G7 « n’avait pas été autorisée ». Une observation pour le moins étrange. Le deuxième alinéa de l’article 26 de la Constitution promulguée le 18 février 2006 par « Joseph Kabila » astreint les organisateurs de manifestation sur les voies publiques à la seule obligation « d’informer par écrit l’autorité administrative compétente ». Bosco Galenga devrait se procurer la bonne version de la loi fondamentale.

Au cours de ce même point de presse, l’orateur a démenti les informations selon lesquelles des policiers avaient tiré à « balles réelles » lors de ladite "démonstration" dans la commune de Kenya. Des témoins ont pourtant vu des policiers « mitraillé » les posters géants de Katumbi placardés au siège de l’Unafec (Union des nationalistes et fédéralistes du Congo) de Gabriel Kuyngu wa Kumwanza. Des journalistes présents lors de cette marche ont, pour leur part, noté des tirs à balles réelles.


Le « mauvais génie » du « raïs »

Bosco Galenga n’a pas tout dit. Il a omis d’annoncer que le tout nouveau gouverneur du Haut Katanga Kazembe Musonda a été instruit par «la haute hiérarchie» de constituer une équipe mixte composée de policiers et des éléments de la garde présidentielle. Mission : découvrir le lieu où l’ancien gouverneur du Katanga « fait entraîner ses mercenaires ». Cette équipe mixte devrait passer au peigne fin les localités de Kilwa, Kashobwe, Kasenga et Pweto.

Au moment où ces lignes sont écrites, quatre proches de l’ex-gouverneur arrêtés le 24 avril à Lubumbashi ont été transférés dans un cachot de l’ANR à Kinshasa. Se reportant sur des informations en possession des membres des familles, l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) indique que ces personnes « ont fait l’objet de torture et mauvais traitement ».

Des « fissures psychologiques » commencent à apparaître au sein de la MP où certains membres qui ont requis l’anonymat considèrent leur "autorité morale" comme un "dangereux pyromane". Une source glisse : « C’est Kalev qui a monté l’opération de ‘découverte d’armes’ à l’hôtel Rift qui appartient à Pierre Lumbi. En vieux singe, Lumbi avait installé des cameras de surveillance dans son établissement. Ces cameras avaient filmé le militaire qui avait quelques heures auparavant pris une chambre. C’est dans la chambre louée par ce même militaire que les armes ont été ’trouvées’ comme par hasard. Lumbi a menacé de diffuser la photo de ce militaire si ses enfants n’étaient pas libérés… ».

A Kinshasa et à Lubumbashi, «Joseph Kabila» et ses adversaires du G7 s’épient. Question : Qui dégainera le premier ?

Baudouin Amba Wetshi © Congoindépendant 2003-2016

Aidez congovirtuel à couvrir ses activités pour ces trois ans à venir