Afrique dette: voici les 10 pays les moins et les plus endettés, la RDC bonne élève

La pandémie du Covid-19 a impacté négativement les pays africains. Ainsi, les pays africains ont pris des mesures sans précédent, en termes d’ampleur et d’urgence, qui ont permis de sauver des vies et d’amortir le choc économique. Seulement, celles-ci ont également exacerbé les facteurs de vulnérabilité liés à la dette et entrainé une forte hausse des besoins de financement. En 2020, les gouvernements africains ont eu besoin d’un financement brut supplémentaire de 125 à 154 milliards de dollars pour faire face à la crise sanitaire. Ainsi, à fin mai 2021, la dette cumulée de tous les pays africains se situait à 1.400 milliards de dollars, presque la moitié de la dette publique de la France.

Et selon, l’Institute of International Finance (IFF), l’association des grandes banques et institutions financières mondiales, basée à Washington DC, la dette mondiale a atteint 296 000 milliards de dollars, à la fin du mois de juin 2021. C’est dire que l’Afrique ne pèse pas dans l’endettement mondial.

Toutefois, le montant de la dette contractée en 2020, combinée à la récession économique du continent de -2%, a impacté négativement le ratio d’endettement -dette publique intérieure et extérieure/Produit intérieur brut (PIB), principal indicateur du niveau d’endettement d’un Etat- du continent et des pays africains.

Globalement, les pays africains figurent parmi les moins endettés du monde. Le taux d’endettement moyen des pays du continent se situe autour de 60%. Toutefois, cette moyenne cache des disparités énormes. En effet, de nombreux ont encore des taux d’endettement bas, très bas même pour certains d’entre eux, comme la RD Congo (12%), le Botswana (25%), les Comores (30%), le Nigéria (32%), première puissance économique du continent. Ce qui laisse des marges d’endettement importantes pour faire face à leurs besoins de financement.

A l’opposé, de nombreux pays du continent affichent actuellement des taux d’endettement supérieurs à 100%, autrement dit, le montant de leurs dettes est supérieur à leur PIB, c’est-à-dire à leur création de richesse. Et avec ce ratio, le Soudan est le pays le plus endetté du continent avec un ratio de 212%. Autrement dit, le montant de sa dette dépasse deux fois sa création de richesse. L’Erythrée (176%), le Cap-Vert (138%), le Mozambique (125%), la Zambie (119%), l’Angola (111%) et les Seychelles (110%) ont des niveaux de dette supérieurs à leur richesse créée. D’autres pays sont à des niveaux proches du seuil des 100%. C’est le cas de l’Egypte (93%), de la Tunisie (91%) et du Congo (91%).

Et certains pays ont des taux d’endettement largement supérieurs à ceux annoncés à cause des dettes cachées. Dernièrement, la Zambie a reconnu 2 milliards de dollars de dettes cachées. C’est dire que son niveau d’endettement est largement supérieur au chiffre officiel.

Seulement, les taux d’endettement dépassant les 100% ne sont pas de l’apanage uniquement des seuls pays africains. De nombreux pays développés affichent actuellement des taux d’endettement largement supérieurs à 100% dont les Etats-Unis, la première puissance économique mondiale avec un taux de 125%.

C’est également le cas du Japon dont la dette a largement dépassé les 10.000 milliards d’euros, (260% du PIB), ce qui en est l’économie la plus endettée, selon ce critère. Toutefois, contrairement aux pays africains, le Japon ne s’inquiète pas de cette dette.

Et pour cause, le Japon se prête à lui-même avec sa propre monnaie et sa propre banque centrale. Et pour cause, plus de 60% de sa dette est détenue par la Banque du Japon, un tiers par des investisseurs institutionnels japonais (fonds de pension, banque, fonds d’épargne postale…) et seulement moins de 6% de cette dette est détenue par des étrangers.

Ainsi, malgré, une forte dette, le Japon n’a pas hésité de mettre en place un plan de relance de 600 milliards d’euros pour soutenir la consommation intérieure.

Ensuite, le japon se prête à 0,08% à 10 ans et 1% à 30 ans quand dans les pays européens les Etats se financent même à des taux négatifs.

C’est le cas aussi de la France dont la dette publique a atteint 118,2% du PIB à fin mars 2021, en s’établissant à 2.739 milliards d’euros, contre 98,1% une année auparavant. Elle a franchi la barre des 100% du PIB à cause des mesures de relance et des outils de soutien à l’emploi et aux entreprises prises par les autorités françaises pour faire face à la pandémie, ce qui a gonflé la dette publique de 89 milliards d’euros.

Reste que si les pays développés ont les moyens de faire face à leur endettement, c’est loin d’être le cas pour les pays africains.

A l’opposé, au niveau des pays africains, les taux d’intérêt sont fixés par le marché international des capitaux et plus le risque pays est jugé élevé par les agences de notation, plus le niveau du taux grimpe à cause de la prime de risque. A titre d’exemple, en février dernier, l’Egypte est sortie sur le marché de la dette en levant deux tranches de 1,5 milliard de dollars chacune, souscrites avec des rendements de 5,875% pour la maturité de 10 ans et 7,50% pour celle ayant une maturité de 40 ans.

En outre, il y a le problème de remboursement des services de dettes en devises qui se traduit par des ponctions sur les avoirs en devises des pays africains. Une situation qui inquiète de plus en plus surtout après une année 2020 marquée par une chute vertigineuse des recettes d’exportations de matières premières (mines, pétroles, gaz…) qui sont les principales sources d’entrer de devises de très nombreux pays du continent.

Enfin, il y a aussi l’effet de change qui pèse fortement sur les économies africaines, notamment celles dont les monnaies se déprécient vis-à-vis des devises étrangères (dollar, euro, livre sterling…). Une situation qui se traduit par des services de la dette qui pèsent lourdement sur les budgets de ces pays, laissant de faibles marges de manœuvre pour les rubriques investissements publics de ces Etats.

Ainsi, si les dettes des pays développés sont globalement soutenables, celles des pays africains, pour une grande partie, le sont beaucoup moins, même si jusqu’à présent aucun pays du continent n’a été déclaré en faillite. Toutefois, certains ont de plus en plus du mal à faire face aux échéances de leur dette.

C’est pourquoi, les appels à l’annulation des dettes se sont multipliés au cours de ces deux dernières années sans toutefois bénéficier de réponses favorables de la part des pays créanciers. Pire, alors que les pays du continent espéraient tirer profit de l’émission de 650 milliards de dollars de Droits de tirage spéciaux (DTS), au final, les 54 pays du continent n’ont reçu que 33 milliards de dollars correspondant à la quote-part des pays africains aux ressources du FMI.

Partant, la lancinante question de la dette risque de se poser avec beaucoup d’acuité dans les toutes prochaines années. Après le rééchelonnement des dettes obtenues en 2020 par certains pays, les remboursements des services des dettes vont peser lourd dans les budgets de nombreux pays africains et constituer des goulots d’étranglement pour certains d’entre eux, hypothéquant leur croissance dans le court et moyen terme.

Afrique.le360.ma

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