Certains membres de la présidence de Félix Tshisekedi ont joué un rôle dans la crise autour de la réélection du président de la Fédération des entreprises du Congo.
Saisi par un recours l’invalidation fin novembre de la réélection à la tête de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) de son président Albert Yuma Mulimbi, le Conseil d’Etat de RDC doit rendre incessamment sa décision. Le scrutin, qui opposait Albert Yuma à son vice-président en charge des PME et du climat des affaires, Dieudonné Kasembo Nyembo pour la direction de l’organe représentant les entreprises de RDC, met en exergue les vives tensions entre la présidence de Félix Tshisekedi et son désormais ex-partenaire, le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila.
Conscient d’être dans le viseur du pouvoir actuel, qui le considère comme un allié de poids de l’ex-président Joseph Kabila, Albert Yuma s’était ému auprès de la présidence des rumeurs sur la volonté de Félix Tshisekedi d’interférer dans sa réélection au profit de Dieudonné Kasembo Nyembo. Après une audience avec son influent conseiller sécurité François Beya Kasonga, qui lui avait fait part des craintes du président de la FEC, le chef de l’Etat a dépêché un émissaire, Gaston-Thethe Kabwa Kabwe, auprès d’Albert Yuma pour le rassurer sur ses intentions.
Deux membres de la présidence actifs dans le dossier
Or, selon les informations d’Africa Intelligence, deux membres de la présidence ont joué en réalité un rôle actif dans ce dossier en défaveur d’Albert Yuma. C’est le cas de Yane Fumuatu, l’un des deux assistants de François Beya, qui a assuré Dieudonné Kasembo Nyembo du soutien direct de Félix Tshisekedi.
On retrouve également Taylor Lubanga, professeur de droit à l’université kinoise Unikin devenu par la suite chargé de mission auprès du président congolais, et qui est suspecté d’avoir joué un rôle dans la gestion de ce dossier par le Conseil d’Etat. Contacté par Africa Intelligence, ce dernier nie toute immixtion, reconnaissant seulement avoir été en contact à titre privé et en qualité de professeur de droit avec un magistrat du Conseil d’Etat pour discuter de la compétence de l’institution dans cette affaire.
Africa Intelligence