La vulgarisation du code minier, nouveau pied de nez des pro-Kabila au président Tshisekedi

Willy Kitobo et Félix Tshisekedi

En annonçant fin juin la publication du code minier congolais de 2018 annoté par ses équipes et le lancement d’une campagne médiatique d’explication de ces commentaires, le ministre des mines Willy Kitobo se positionne en soutien à l’ex-chef de l’Etat, dont il est proche, non à l’actuel.

La dernière initiative du ministre des mines de RDC, Willy Kitobo Samsoni, ne devrait pas apaiser les tensions déjà grandes entre les partisans du président congolais Félix Tshisekedi et ceux de son prédécesseur Joseph Kabila, pourtant son allié dans la coalition gouvernementale en place à Kinshasa.



Fin juin, le ministre – qui est un cadre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de Joseph Kabila et homme de confiance de ce dernier a démarré une opération auprès des médias congolais afin de préciser les dispositions du code minier adopté en mars 2018. Ceci devait intervenir concomitamment avec une nouvelle publication de ce texte, accompagnée des précisions rédigées par Willy Kitobo Samsoni et ses collaborateurs. La campagne du ministre avait pour objectif d’expliciter comment comprendre ce code, dont certains articles – entraînant pourtant des changements importants – sont considérés comme flous, mais pas seulement.

Quelle attitude vis-à-vis des miniers ?


L’interprétation donnée par les équipes de Willy Kitobo Samsoni est celle du concepteur de l’époque : le gouvernement de l’ère Kabila, qui avait fait de la réforme minière l’un des grands chantiers des ultimes mois de son mandat, en assurant vouloir enfin équilibrer les revenus perçus par l’Etat congolais et les opérateurs. Le code avait été très décrié par ces derniers au moment de sa parution, en 2018, car il rehaussait de manière importante leur fiscalité.


Après son arrivée au pouvoir début 2019, Félix Tshisekedi avait donc décidé d’engager des discussions avec les miniers pour tenter de prendre en compte leur vision des choses et leurs desiderata. Le nouveau chef de l’Etat envisageait des amendements au code afin d’apaiser les relations avec les investisseurs, dans un contexte de cours du cobalt déprimés et de tensions déjà vives, tant au sujet de la révision des partenariats de la société publique Gécamines que de la loi sur la sous-traitance de 2017. Des réflexions de Félix Tshisekedi dont Willy Kitobo Samsoni, affidé de Joseph Kabila, n’a pas attendu la conclusion.


Afrique intelligence

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