Les forces ougandaises ont une nouvelle fois franchi la frontière occidentale du pays pour pénétrer en République démocratique du Congo.Les incursions précédentes ont été extrêmement controversées, les troupes ayant par le passé combattu des soldats rwandais, commis des atrocités et pillé les ressources naturelles du pays.Mais cette fois, c’est avec l’approbation du gouvernement de la RD Congo.

Pourquoi des troupes ougandaises sont-elles en RD Congo ?S’exprimant quelques jours après un attentat suicide perpétré le mois dernier au cœur de la capitale, Kampala, le président Yoweri Museveni a appelé les responsables à se rendre : « Mon conseil à tous… s’ils ne se rendent pas, ils mourront. »Le gouvernement était clairement déterminé à poursuivre les militants où qu’ils se trouvent.Dans le dernier et le plus audacieux d’une série d’attentats, le 16 novembre, trois kamikazes se sont fait exploser et ont tué au moins quatre autres personnes.

Le gouvernement a accusé un groupe rebelle islamiste militant appelé les Forces démocratiques alliées (ADF), qui a été fondé en Ouganda mais a ensuite été forcé de s’installer en RD Congo. Il affirme que ce groupe fait désormais partie du groupe État islamique.Des véhicules en feuCRÉDIT PHOTO,AFPLégende image,L’attentat suicide dans le centre de Kampala a choqué l’Ouganda.Mardi, l’armée ougandaise a confirmé qu’elle avait effectué des frappes aériennes sur des cibles des ADF de l’autre côté de la frontière. Puis, mercredi, des centaines de soldats ougandais ont été vus en train de traverser la frontière avec la République démocratique du Congo.

Le gouvernement congolais a déclaré qu’il avait invité les forces armées de son voisin à entrer dans le pays, les ADF étant l’un des nombreux groupes armés qui font des ravages dans l’est de la RD Congo.Les ADF, chassés de l’Ouganda au début des années 2000, attaquent et pillent des villages congolais, tuent des gens et recrutent de force des enfants depuis au moins dix ans.

Pourquoi des troupes ougandaises sont-elles en RD Congo ?

S’exprimant quelques jours après un attentat suicide perpétré le mois dernier au cœur de la capitale, Kampala, le président Yoweri Museveni a appelé les responsables à se rendre : « Mon conseil à tous… s’ils ne se rendent pas, ils mourront. »

Le gouvernement était clairement déterminé à poursuivre les militants où qu’ils se trouvent.

Dans le dernier et le plus audacieux d’une série d’attentats, le 16 novembre, trois kamikazes se sont fait exploser et ont tué au moins quatre autres personnes.

Le gouvernement a accusé un groupe rebelle islamiste militant appelé les Forces démocratiques alliées (ADF), qui a été fondé en Ouganda mais a ensuite été forcé de s’installer en RD Congo. Il affirme que ce groupe fait désormais partie du groupe État islamique.

Des véhicules en feu
Légende image,L’attentat suicide dans le centre de Kampala a choqué l’Ouganda.

Mardi, l’armée ougandaise a confirmé qu’elle avait effectué des frappes aériennes sur des cibles des ADF de l’autre côté de la frontière. Puis, mercredi, des centaines de soldats ougandais ont été vus en train de traverser la frontière avec la République démocratique du Congo.

Le gouvernement congolais a déclaré qu’il avait invité les forces armées de son voisin à entrer dans le pays, les ADF étant l’un des nombreux groupes armés qui font des ravages dans l’est de la RD Congo.

Les ADF, chassés de l’Ouganda au début des années 2000, attaquent et pillent des villages congolais, tuent des gens et recrutent de force des enfants depuis au moins dix ans.

Quelle est la gravité des combats ?

Un habitant de la ville de Beni, près de la frontière, a déclaré à la BBC qu’il pouvait entendre le bruit des explosions.

« Il y a de sérieux combats. Les soldats ougandais sont entrés à pied et avec des véhicules. Nous avons vu des drones voler ».

Des vidéos ont circulé sur les médias sociaux montrant des villageois proches de Beni regardant des colonnes de soldats ougandais défiler.

Mais les responsables des gouvernements ougandais et congolais n’ont pas donné beaucoup de détails, sauf pour confirmer la présence de troupes ougandaises.

L’armée ougandaise a publié une série de photos montrant des colonnes de soldats en RD Congo accompagnées de véhicules blindés et de chars.

Elle affirme que des milliers de combattants des ADF ont été tués dans les frappes aériennes, mais n’a fourni aucune preuve et il n’a pas été possible de vérifier.

L’opération sera réexaminée tous les deux mois, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

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Le porte-parole de l’armée congolaise, le général Leon Kasonga, a déclaré que les combats se déroulaient dans des zones reculées, notamment au milieu d’une forêt et dans le parc national des Virunga, qui s’étend le long de la frontière entre les deux pays.

Il a ajouté que les mouvements de troupes, la durée de l’opération et le nombre de victimes étaient confidentiels.

Quelle a été la réaction en Ouganda ?

Les politiciens de l’opposition et certains commentateurs se sont vivement opposés à l’incursion des troupes en RD Congo.

Cela s’explique en partie par le fait que le déploiement a été effectué sans consultation ni approbation du Parlement, comme l’exige la Constitution.

Mais l’Ouganda a déjà fait fi de cette exigence par le passé. Il n’y a pas eu de consultation lorsque les troupes ont pénétré en RD Congo dans les années 1990. Et en 2013, les forces ougandaises sont passées au Soudan du Sud pour soutenir le président Salva Kiir sans l’approbation du Parlement.

Qu’en est-il de la RD Congo ?

Si de nombreux Congolais souhaitent désespérément que les attaques des ADF cessent, certains ne gardent pas un bon souvenir des précédentes incursions ougandaises.

La réaction du Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix congolais, résume certaines des préoccupations.

Setoka Marasi (à gauche) se lamente sur l'état de sa fille (à droite), Noella, qui a été gravement blessée à la tête et au cou par des coups de machette lors de l'attaque de son village par des hommes armés au nord de Beni, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, le 26 mai 2021.
Légende image,Les ADF ont été accusés de nombreuses attaques dans l’est de la RD Congo.

« Non aux pyromanes/pompiers, les mêmes erreurs produiront les mêmes effets tragiques. Debout les Congolais, Nation en danger ! » a-t-il tweeté en début de semaine.

Le groupe militant Lucha a également exprimé son inquiétude, affirmant que ce n’était pas le moyen de ramener la paix dans cette région troublée.

S’adressant à l’armée congolaise, il a déclaré dans un communiqué que « la confiance… doit être gagnée. Le peuple a besoin d’un gouvernement et d’une armée dans lesquels il peut vraiment placer toute sa confiance. »

Un porte-parole de la Monusco, la force de l’ONU en RD Congo, a déclaré qu’inviter les Ougandais était un choix légitime et que l’ONU encourageait « les pays de la région à travailler ensemble pour résoudre la menace transfrontalière ».

La Monusco a déjà mené des opérations conjointes avec l’armée congolaise pour tenter d’arrêter les attaques des ADF, mais celles-ci se poursuivent.

Que s’est-il passé la dernière fois ?

L’armée ougandaise a une réputation souillée pour ses incursions en RD Congo dans les années 1990 et au début des années 2000.

En 1999 et 2000, les forces armées ougandaises et rwandaises, chacune soutenant une faction différente du groupe rebelle RCD, se sont affrontées dans la ville congolaise de Kisangani.

Chars ougandais
Légende image,L’Ouganda a envoyé des chars et des véhicules blindés en RD Congo.

Le RCD se battait pour renverser le président de l’époque, Laurent Kabila.

Dans ce qui est désormais connu comme la guerre des six jours, plus de 1 000 personnes auraient été tuées en juin 2000, alors que les forces ougandaises et rwandaises se battaient pour prendre le contrôle de la ville.

Les troupes ougandaises ont été accusées de violations des droits de l’homme à l’encontre de la population pendant cette phase des combats.

On leur reproche notamment d’avoir exploité sexuellement des femmes locales.

Les forces ougandaises ont également été accusées de piller les vastes ressources naturelles de la RD Congo.

Selon un rapport des Nations unies de 2001, les forces ougandaises, ainsi que d’autres voisins, ont pillé des minéraux, du café, du bois et du bétail.

En 2005, la Cour internationale de justice a déclaré que l’Ouganda devait verser des réparations à la RD Congo pour cette invasion illégale. L’argent n’a toujours pas été remis.

Pourquoi l’est de la RD Congo est-il un refuge pour les groupes rebelles ?

La région, riche en ressources, attire les rebelles depuis des décennies. Selon certains rapports, au moins 120 groupes militants différents y seraient basés.

Les combats portent aujourd’hui autant sur le contrôle des richesses du pays que sur le pouvoir politique. Certains pays voisins ont été accusés de soutenir les rebelles afin de profiter du chaos par le pillage.

Bien que le président Félix Tshisekedi ait déclaré ce qui a été appelé un « état de siège ».

BBC

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