La rivalité ougando-rwandaise dans le leadership Est Africa truffé d’une guéguerre ethnique ne retombe pas   en dépit de la médiation du président congolais Félix Tshisekedi qui ironie du sort, c’est son pays qui est à la base de cette regain d’épouvantail. 

Selon plusieurs observateurs au Rwanda, le président ougandais Yuweri Museveni Kaguta est  » jaloux du succès militaire rwandais » au Mozambique et « craint que son homologue rwandais ne cherche à s’imposer comme le rempart contre l’insurrection islamique au nord-est de la RDC, comme il l’a fait dans la province gazière de Cabo Delgado, au Mozambique » a conclu Africa Intelligence. Et vu que le président rwandais dans une sortie médiatique le 17 mai dernier sur les ondes de la RFI avait qualifié la mission onusienne en République démocratique du Congo « d’énorme échec « .

Au clair, Yuweri Museveni craint le déploiement des troupes rwandaise à l’Est de la RDC contre les terroristes dans cette région riche en minerais  en proie aux Islamistes, au risque de débordement sur son territoire. Le souvenir de la « guerre de six jours » entre l’armée ougandaise et rwandaise étant encore dans le mémoire  et pour lequel l’Ouganda doit dédommager la RDC. 

Une armée rwandaise jugée « crédible sur terrain »  

Le succès de l’armée rwandaise contre les djihadistes au Mozambique a été exceptionnel. Pour le reporteur rwandais, Gatete N. Ruhumuliza « Couvrir RDF au combat, c’est comme aller à un combat de Mike Tyson dans le temps. Au moment où vous achetez votre billet, en essayant d’entrer dans le lieu, le combat est terminé ». 

Mocimboa da Praia « était le dernier bastion des insurgés » et sa reconquête marque « la fin de la première phase des opérations de contre-insurrection« , a déclaré le colonel Ronald Rwivanga, porte-parole de la force militaire conjointe. 

Les forces mozambicaines ont  lutté depuis longtemps pour reprendre le contrôle de la province septentrionale de Cabo Delgado, site de l’un des plus grands projets de gaz naturel liquéfié d’Afrique, un site de 20 milliards de dollars exploité par le géant français de l’énergie Total.

La source du « terrorisme au Mozambique vient de la RDC » 

Le président Ougandais Yoweri Museveni, interrogé sur France 24, à propos  » du terrorisme au Mozambique », assure que la source du problème se trouve chez son voisin, la RDC : « Le problème au Mozambique est lié au problème à l’est de la RDC. Ces terroristes au Mozambique sont passés par la RDC au cours des vingt dernières années. Le problème de la RDC doit être réglé avec celui du Mozambique. Et nous sommes prêts à contribuer n’importe quand. »

Comme les islamistes d’Ansar al-Sunna au Mozambique, les ADF ont prêté allégeance au groupe État islamique qui revendique même certaines de ses attaques dans l’est de la RDC. 

Toutefois, dans son dernier rapport, le groupe d’experts de l’ONU avait affirmé qu’il n’y avait pas de soutien avéré de l’EI. Peu importe, pour Yoweri Museveni, il se dit prêt à intervenir militairement chez son voisin. Or, lorsque notre confrère lui demande si le président Tshisekedi a demandé d’intervenir, il esquive : « Nous en parlons. Est-ce que l’on est proche d’une telle décision ? C’est au gouvernement de l’annoncer mais nous en discutons avec lui. »

Du côté de la RDC, on reconnait une coopération militaire avec l’armée ougandaise et des discussions autour d’un commandement opérationnel conjoint. Mais pour Kinshasa, officiellement, il n’est pas question d’accepter la présence de troupes ougandaises sur son sol encore moins rwandaises qui ont pourtant prouvé leurs supériorités sur le sol mozambicain.

En effet, la demande du président Yuweri Museveni d’envoyer ses militaires combattre les ADF, apparait plus un stratagème afin d’éviter un déploiement des militaires rwandais le long de ses frontières avec la RDC. 

Kiwaka Simba

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