RDC: Noyautage de l’Union sacrée, une stratégie du FCC pour reconstituer une nouvelle majorité

Dans l’objectif de reprendre la gestion des institutions, les Pro FCC misent la stratégie de noyautage pour se reconstituer en force majoritaire au sein de l’Union sacrée.

Face à la défiance grandissante vis-à-vis de la politique spectacle, la politique des bâtons dans les roues au sein de la coalition FCC-CACH au pouvoir pendant deux ans, le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, a vu juste en répondant favorablement au vœu tout aussi grandissant des Congolais de voir la fin du mariage contre-nature « FCC-CACH ».

L’idée de l’Union sacrée de la nation dit tout, autant qu’elle reflète l’engagement de tout un peuple à voir les choses changer.

Plus rien ne devra donc être comme avant. Et pourtant sur la scène politique, des caciques du FCC de Joseph Kabila, sont loin d’intérioriser cette évidence.

Vivant certainement les convulsions de l’agonie de leur système d’hier, les pro Kabila d’il y a peu, reconvertis « Tshisekedistes », ont monté une stratégie de noyautage visant à se reconstituer en force majoritaire au sein de l’Union sacrée afin de récupérer la contrôle des institutions. Curieusement, en lieu et place de faire une sélection en faveur du changement souhaité par le peuple, cette stratégie semble déjà trouver un écho favorable auprès des dirigeants du CACH. Les dessous des cartes dans cette stratégie funeste, sont sans doute, connues. C’est notamment, la marginalisation du MLC et d’Ensemble pour le changement, parce que les deux groupes sont plus que déterminés à mettre fin au kabilisme.

Le MLC et Ensemble pour le changement réfusent de cautionner la continuité FCC-CACH

Et pourtant, Moïse Katumbi et tout son camp ont soutenu l’idée d’une Union sacrée tout en contribuant à la recherche d’un large consensus national autour des principes qui favorisent la pacification totale du pays, la relance de l’économie, l’amélioration du social des populations et la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie. Un cahier de charges a été produit à cet effet pour orienter la vision sur les objectifs prioritaires que l’Union sacrée devra se fixer pour le reste du mandat de Félix Tshisekedi

Dans la foulée, des voix s’élèvent pour dénoncer la tentative dangereuse de certaines personnalités autour du chef de l’Etat de faire le jeu des caciques du FCC. Car, ils sont loin de mesurer la contradiction qu’ils créent dans leur initiative avec le président de la République qui avait clairement, dans son allocution du 14 décembre 2020, rejeté en des termes forts, la coalition FCC-CACH, l’accusant d’entretenir des divergences sur les enjeux majeurs pour la nation que constituent notamment les questions relatives à la paix et la sécurité, la Céni et l’organisation des élections, la gestion du portefeuille de l’Etat, la territoriale, la diplomatie et l’indépendance de la justice.

Du côté du MLC de Jean-Pierre Bemba et d’Ensemble pour le changement de Moïse Katumbi, l’on refuse catégoriquement de cautionner ou d’être témoins de la continuité de la coalition FCC-CACH. Il s’agit là d’une alerte importante afin de contrer toute stratégie visant à contourner la volonté populaire dans une forme masquée de continuité de contrôle du gouvernement et de l’Assemblée nationale.

Eviter le piège

Il appartient ainsi au président de la République, seul arbitre, d’éviter ce piège ouvertement tendu.

La plateforme politique « Union sacrée de la nation» n’est pas un ramassis. Surtout pour les hommes politiques en provenance du FCC, à la moralité douteuse, n’ayant aucun sens de la gestion de la chose publique au service du peuple. Depuis toujours, ils étaient habitués aux délices du pouvoir et autres enrichissements faciles. Ils rêvent encore de continuer à jouir des richesses nationales, au détriment des populations qui languissent dans une misère presque noire.

Félix Tshisekedi ne devrait pas transiger sur le principe qu’il a tracé dans son discours du 6 décembre 2020, celui de gouverner autrement. D’où, l’appel, une fois de plus, de l’exhorter à la vigilance pour qu’il procède au tri de qualité avant de confier des postes de responsabilités à qui que ce soit.

Dans tous les cas, l’édifice USN qui naît des cendres du FCC ne peut aller loin que si les principales composantes ont la même compréhension de ce qu’il faut pour réaliser la volonté des Congolais qui ont opté pour le changement, rien que le changement !

Pitshou Mulumba/Le potentiel

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